vendredi 30 novembre 2007

Pouvoir d'achat et heures supplémentaires

Comme tout le monde, j'aimerais m'attarder sur le discours de Nicolas Sarkozy lors de son intervention hier soir sur TF1 ou France 2, et plus particulièrement sur les rapports entre pouvoir d'achat et heures supplémentaires. Parce qu'il faut bien avouer qu'à ce niveau là, le Président a des oeillères. Qu'il brule un cierge, et la croissance reprendra... Selon lui, travailler plus fera gagner plus, et c'est cette tirade qu'il n'a cessé de répéter hier soir. Un slogan qu'il a mis en place rapidement. Mais s'il redescendait de son piedestal où rolex rime avec Laurence Ferrari, il verrait que dans la société d'aujourd'hui, ses idées restent des utopies. Pourquoi?

Nicolas Sarkozy veut imposer une logique économique dépassée, un keynesianisme adapté dans lequel il espère que travailler plus et gagner plus entrainera une hausse du pouvoir d'achat, qui favorisera la demande donc la production et donc l'embauche pour subvenir aux besoins. Hum. Ca marchait dans le temps, aujourd'hui on a peur de l'avenir donc on épargne !
Prenons des exemples concrets, je vais citer trois domaines locaux (autour d'Arras, des gens que je connais bien) dans lesquels les heures supplémentaires ne favoriseront rien... aux travailleurs.
Dans une administration, Alphonse Danlmur a demandé à faire des heures supp. Le patron lui a déclaré que c'était pas possible, il n'y a pas matière à en faire. Alphonse se résigne donc à bosser pour son smic.
Dans une entreprise de transport, les chauffeurs sont allés voir le boss. Ils font des heures sup, et souhaitent être rémunérés comme le prévoit la loi. Et le patron de leur répondre " je n'ai pas l'argent pour vous payer les heures, prenez les en récup". Le patron ne veut ou ne peut pas payer, échec du plan Sarkozy. Avec l'augmentation du prix du baril, les problèmes financiers de cette entreprise ne vont pas s'arranger rapidement.
Dans une société de plomberie, François Pays-Bas a déjà des dizaines d'heures, que le patron refuse de payer. Il l'invite à les récupérer, mais François voudrait gagner plus, son président lui a promis ! Alors, son patron lui glisse ces mots à l'oreille: "Si tu veux pas travailler plus, sache qu'il y a des centaines de gars comme toi qui attendent dehors pour prendre ta place". Tout est dit. Amen.
Alors, monsieur le Président Ferrari, comment peut-on résoudre ces problèmes de tous les jours? Car ce qui empêche les gens de travailler plus, ce n'est pas la bonne volonté. Le peuple veut gagner plus, le patronnat refuse de débourser : on est bloqué. Pas de sous, pas de pouvoir d'achat. Les français attendaient des mesures "coup de poing", de l'argent tombé du ciel, il fallait être réaliste. Cette intervention n'a pas été constructive, on fait du surplace. J'ai bien fait de zapper avant la fin.
Vous trouverez d'autres avis sur les sites de Fanette, Filaplomb et Nicolas...entre autres (qui se manifeste?).

J'ajouterai, en aparté, un petit mot sur deux déclarations de Nicolas Sarkozy :
- il veut que la France ait les meilleures universités, sans parler de privatisation. Cependant, demander un financement privé qui allégerait les coût de l'Etat rapprocherait du modèle américain... où les meilleures universités sont privées (Yalle, Stanford, Harvard...).

- il nous annonce 23 000 chômeurs en moins. Je prends toujours du recul sur ces chiffres. Est-ce qu'il s'agit de 23 000 travailleurs en plus, ou de 23 000 demandeurs d'emplois radiés des listes de l'ANPE (et donc des critères de calcul du chômage)????

4 commentaires:

  1. Tiens ! On parle de moi, ici ?

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  2. Décidément, il n'y a plus que sur le web qu'on peut lire des choses sensées...
    En écho à ta remarque sur les chômeurs, il a dit hier soir qu'il ne laisserait plus un cinquantenaire être licencié sans lui proposer une formation afin qu'il retrouve un emploi. Ben pendant qu'il est en formation, ce cinquantenaire viré, ça fera un chômeur de moins dans les statistiques !!

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  3. bel article je te rejoins dans ta réflexion.

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  4. Bravo pour cette article...

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