
Nicolas Sarkozy passera donc au salon de l'Agriculture la veille de sa clôture. Pas la peine d'en faire tout un foin, il semble vouloir éviter la confrontation avec ce monde agricole qui se sent délaissé et méprisé, le plus longtemps possible. Ca peut sembler vache, car il sera le premier Président à agir ainsi. En même temps, malgré les promesses de campagne, il faut constater que l'amour n'est pas dans le pré, et de loin. Les agriculteurs ne sont pas sont champ d'action.
Alors qu'une rumeur lui fait porter des cornes, Nicolas Sarkozy déroge à la règle de pied ferme. Cela ne l'empêchera pas de passer d'une traite, encadré certainement de poulets fidèles, alignés comme des brebis galeuses, pour goûter un morceau de saucisson qu'il recrachera véhément pour préserver son physique gracieux, au grand dam des producteurs de beurre naturel et pour le plus grand plaisir du canard local qui publiera à sa Une des photos retouchées mais pas trop.
Puis, de peur d'être à labour, il discourra quelques mots bien pensés, pour apaiser les esprits, et faire croire aux sinciés, comme on dit dans le Nord, qu'ils ne resteront pas sur la paille. Il sourira de ces autres traits d'esprits glissés dans le discours, comme "restons terre à terre" ou "pas question qu'on vous traite ainsi". Il récoltera quelques bravos pendant que ses détracteurs l'épient, puis il reprendra la route tel quel, fier de quelques paroles Allez, casse-toi pauv'con ! sans sens laissant un arrière-goût de vain espoir.
Il n'assistera pas aux élections des plus belles bêtes, lui qui est pourtant le candidat de tous les instants. Peut-être de peur d'avoir la palme de la meilleure bête de saillie?