mercredi 7 avril 2010

Au rayon du racisme (mon aventure au supermarché)

L'autre jour, en passant à la Caisse du Supermarché Auchan d'Arras, j'assistais à une scène qui traduit bien le sentiment d'individualisme en France aujourd'hui. Une femme d'origine maghrébine passait ses courses, suivie de près par un papy bien blanc qui semblait s'impatienter. Face à certains écarts de langage et quelques mots en arabe, il glissa, surement pour lui même, un petit « Retourne dans ton pays », que ne manqua pas d'entendre la demoiselle.

> Vu le niveau sonore, nul doute qu'il disait ça dans sa barbe. Sauf qu'il avait pas de barbe. Un petit vieux des villages, qui n'avait surement jamais vu de gens d'Afrique du nord ailleurs que dans les reportages du 13H de TF1, où on les présente un peu comme le fléau à l'origine de tous les maux en France. Et ailleurs aussi.

Soudain, prise de furie, celle-ci leva le ton et attira l'attention du reste des clients. Elle hurlait que de toute façon, ce « mec est un sale raciste, j'suis sûre qu'il est même pas un pur Français ».

> Qui l'est? Si on en croit les religions, on vient du Moyen-Orient. Si on en croit Darwin, on vient d'Afrique. Si on en croit St Homer, on vient de l'espace. Merde alors, ce débat sur l'identité nationale est une perte de temps ! On n'a qu'à reprendre la définition de la République (un drapeau, une langue et un hymne national commun) et basta. Mais il faut s'y tenir...

De toute façon « les Arabes ils t'emmerdent »

> Voilà qui ré-hausse le niveau. Pathétique. Encore une phrase qui participe au stéréotype et qui entretient la peur ou le mal-être face à une certaine catégorie de Français... Là, je me dis qu'elle n'avait qu'à se taire et puis c'est tout. Au lieu de ça:

Elle rameuta les vigiles qui vinrent la calmer. Déjà, la peur touchait les clients. Derrière le papy se rassemblaient une dizaine de petits vieux armés de cannes et de déambulateurs, planqués derrière des caddies pleins de couches et de pinard. La fille se démena, tenta de menacer le petit vieux qui prenait une couleur violacée. Les vigiles demandèrent à la dame de payer et de partir. Ce qu'elle fit, énervée. Le papy rangea ses affaires, à son tour, en prenant son temps. Il devait se dire qu'il serait attendu à la sortie, mais, le devançant, je peux vous dire qu'il n'en était rien.

> C'est assez rare, finalement, de voir ce genre de scène à Arras, malgré la proximité du magasin et de la première résidence sociale de la ville, où la population est essentiellement d'origine maghrébine. Les gens se tiennent. C'est ça, être civilisé. Malgré tout, quand la ligne est franchie, chacun retrouve ses instincts primaires, preuve que l'homme, au fond, n'est qu'un animal qui fait rarement appel à son cerveau...

11 commentaires:

  1. Je suis d'accord... "Le feu couve sous la cendre" et les ressentiments mutuels ne demandent qu'à s'exprimer (si on peut appeler ça "s'exprimer" !).
    Ca donne l'impression qu'on a forcé ces gens là à cohabiter...

    RépondreSupprimer
  2. Triste scène...malheureusement il y en aura toujours!

    RépondreSupprimer
  3. Thierry D a raison : on force ces gens à cohabiter, et surtout, on les somme de croire que c'est génial. Votre "papy" est là pour montrer que les gens ne trouvent pas ça génial du tout. Et la réaction hystérique de votre "demoiselle" dit en elle-même beaucoup de choses.

    RépondreSupprimer
  4. ça m'aurait étonné que Mr Goux ne mette pas son grain de sel, l'occasion était trop belle.
    Il oublie bien sûr au passage ce que précise Homer : "C'est assez rare, finalement, de voir ce genre de scène à Arras, malgré la proximité du magasin et de la première résidence sociale de la ville, où la population est essentiellement d'origine maghrébine. Les gens se tiennent. C'est ça, être civilisé"

    RépondreSupprimer
  5. @Thierry D. : le souci, c'est que les gens sont formatés. A l'instar de @didier goux, ils semblent oublier que ces gens, vivant en HLM, n'ont pas toujours été repoussés. On savait profiter d'eux pour faire le travail ingrat. Aujourd'hui, le boulot manque. Faut-il les expulser? Alors qu'on les a appelé? Et puis, qu'avait fait cette fille à ce papy pour qu'il l'agresse verbalement? Et pareillement, pourquoi a t-elle réagi ainsi?

    @la pingouine: hélas...

    @poison-social: t'a vu, didier goux me lit ! :-)
    Dans toutes les villes moyennes, ce genre de tension existe et se manifeste parfois....

    RépondreSupprimer
  6. Z'ont qu'à habiter à Bicêtre !

    RépondreSupprimer
  7. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

    RépondreSupprimer
  8. Les supermarchés sont souvent un concentré des stéréotypes de la population locale... Je trouve toujours très instructif d'observer le comportement des gens dans ce genre d'endroit.

    RépondreSupprimer
  9. Mais au début, ça a commencé comment? Le petit vieux avait peloté les fesses de la femme, pendant qu'elle passait ses courses?

    RépondreSupprimer
  10. Scène de la vie ordinaire.

    Mais qu'on arrête de dire que le racisme est un défaut uniquement, spécifiquement "gaulois".
    Il existe, c'est pas bien. Mais il n'est pas spécifiquement le fait des 1ers Français.

    Cela dit, dans cette affaire de supermarché, ce n'est pas allé plus loin et c'est tant mieux.

    RépondreSupprimer
  11. Je ne voudrais pas rajouter de l'huile sur le feu, mais la pingouine, là haut... (elle a la tête toute noire, c'est pas très catholique, tout ça, et puis dans son nom, il y a gouine, et puis, et puis, et puis...) qu'elle retourne donc en Pingouinie , nan mé oh ! hein ?
    :D

    RépondreSupprimer

Hop, on met un p'tit mot pour suivre le débat ou encourager le mec qui passe son temps à taper ces lignes, mais surtout: on s'identifie ! Ici ne sera plus accepté de commentaire anonyme, alors la moindre des choses est de se trouver un pseudo rigolo.
Ne mettez rien de désobligeant, vulgaire ou irrespectueux et n'insultez pas les autres commentateurs. Merci !