jeudi 16 novembre 2006

Accident de travail

Elle n'a l'air de rien, comme ça. Calme, observant. Mes mains se tournent vers elle machinalement. J'ai besoin d'elle. Mes doigts l'effleurent. Je suis distrait, je reviendrais à elle plus tard. Je tape quelques mots sur le clavier. Elle m'attend, sagement. Je m'éloigne d'elle, à peine l'entrevois-je faire un soubresaut. Je reviens, une main tenant un courrier fraichement édité. Je m'assied à côté d'elle, je la regarde, presque indifférent, et elle le sent. Soudain, je l'attrape violemment, et d'un geste brusque je la retourne. Elle se défend, m'échappe ! J'ai mal, je saigne. Profonde entaille dans la main. S'est-elle vengée? A-t'elle une âme? Saloperie d'enveloppe...

mercredi 15 novembre 2006

Mon abri côtier

Hier soir, je tombais par hasard sur l'émission proposée par M6 : Recherche appartement ou maison. Outre le fait que le titre ne soit pas racoleur mais très explicite, je restais sidéré et écoeuré par les sommes d'argent que pouvaient proposer les gens qui cherchaient un maison. Sur cinq cas, seul un couple de la région de Valenciennes était plafonné à 110 000 euros. Ce qui correspond sensiblement à la moyenne envisagée par la plupart des couples que je connais, et qui souhaitent devenir propriétaires. Et résultat : ils tombent sur un agent de recherche à l'air filou, roublard et peu digne de confiance, qui leur fait visiter des maisons à l'air triste, étroites, et pour la plupart prêtes à s'écrouler. Finalement, le couple achètera une fermette en ruine, d'une surface plus que convenable avec un jardin, mais dont les murs ne semblent tenir debout que par magie.
Parlons rapidement des autres : plus de moyens, donc plus de choix. Le vieux riche obtient un appartement de luxe à deux étages, pour 600 000 euros, siouplé. Les autres achèteront des maisons ou apprtements à hauteur de 300 000 euros. Et la triplette de mecs se verra rembarrée : on a pas idée à 27 ans de vouloir s'installer entre copains dans un petit appartement !
Bref, on peut constater que l'accession à la propriété est un réel problème de nos jours. Inutile d'en rappeller les causes, on va mettre ça sur le dos de la conjoncture. C'est même inquiétant pour l'avenir. Evidemment, je ne nie pas qu'on puisse acheter un appartement de 50m² plus que correct autour de 80-100 000 euros. Mais pour un bien de 70m²( minimum), quel qu'il soit, c'est beaucoup plus dur. Rappelons que la moitié des français vit avec un SMIC par personne. A la banque, ils rient au nez de celui qui veut faire un emprunt immobilier et qui se pointe avec sa fiche de paie de smicard. Du coup, on constate un nouveau phénomène. De plus en plus de couples décident de rester locataires à vie, quitte à toujours verser un loyer "dans le vide", parce qu'ils ne parviennent pas à obtenir la somme nécessaire à l'acquisition d'un bien. Ces gens profitent certes bien mieux de la société de loisirs, mais n'accèdent jamais vraiment à la vie rêvée...
Moi, mon rêve, c'est une jolie petite maison, parée de briques. Avec des volets, une cheminée, au moins 4 chambres et 2 salles de bains, pour y loger ma petite famille, dans un coin calme de la campagne, à l'orée des villes. Y'aurait même un sous-sol avec un coin cave à vin, et une petite salle de sport. Et un jardin ! Ouais, un jardin, avec un cerisier. Tout ça, c'est dans mon rêve. Rien que mon rêve. Et celui de bien des gens.

mardi 14 novembre 2006

Question existentielle

Tout à l'heure, je regardais la température de la pièce, et par association d'idées, j'en suis venu à me demander qui a eu l'idée d'inventer le thermomètre... anal !? Déjà, comment a-'il eu cette idée? Et comment a-t'il pensé à le mettre ... euh, là? C'est vrai, depuis le temps on sait que c'est fiable, mais bon, fallait y penser. Au début, les gens devaient sans doute alterner entre la bouche et... ouep, c'est un coup à être malade pour de bon, ça ! Alàlà, moi et mes questions existentielles...

Jouez avec vos émotions

Casquette, lunettes, clope roulée à la main et rides : voilà comment on s'imagine le papy turfiste. Il se lève de bonne heure le dimanche matin, comme chaque jour, pour s'en aller siroter un demi au PMU du coin, armé de ses journaux spécialisés en courses de chevaux. Il s'assied à la lumière, et se parle à lui même, fier de ses statistiques et de ses connaissances en la matière. Puis, il prend des notes, les derniers tuyaux. Et vers 10h, le drame : on annonce un non-partant ! Essuyant la sueur de son front, calmant les palpitations de son coeur, la papy turfiste vérifie à nouveau ses stats et ses pronostics, pour fébrilement remplir ses quelques tickets de jeu. Puis, il se lève, va faire valider ses paris à la borne, se rassoit pour refaire d'autres tickets au cas où, les valide à leur tour, et sort du café pour rentrer chez lui, écouter à la radio les arrivées des courses une par une.
Depuis quelques temps, le PMU rajeunit : aujourd'hui, les paris s'étendent à tout le monde, et je fais partie de la grande "communauté des "adorateurs" de chevaux de course qui arrivent" (CACCA). Du moins, un p'tit peu. On peut jouer partout : PMU, Hippodrome, Internet et même sur le wap ! Bon, évidemment, je parie pas des sommes folles, c'est pas comme papy turfiste. Et je gagne pas souvent, mais suffisamment pour que ça vaille le coup. Et puis, ce n'est que pour le plaisir de jouer, hein...? N'empêche que l'an passé, c'est grâce au PMU que j'ai pu me payer le ski, c'est dire... Vivement que ça se reproduise !
Y'a t'il une stratégie pour jouer? Bah non, puisqu'on peut faire des spots (une sorte de flash où les numéros arrivent plus ou moins au pif), mais papy turfiste conserve précieusement ses statistiques et ses tuyaux...


"Tu vois, min fiu, y'a pas de hasard... Tu choisis tin bidet, y faut qu'y soit un champion. C'est la base ! Après, t'ajoute un outsider (prononcez out-sideur), et tu fais le numéro du premier moins le numéro du deuxieme. Ou plus. et pis t'a ton troisieme. Et là, t'é fais un couplé en trois placé.
- Euh, j'ai pas compris là...
- Sinon, t'é fait un Quinté ! T'é prins le 2, le 4, t'ajoute ch'ti là passqu'il a moins de poids, ch'ti là, passque le jockey c'est li... [là, je décroche parce que je comprends plus rien]
- Aaah, ok ! [j'évite de lui montrer mon incompréhension. En plus il pue le tabac et il a des chicots]"

En bref, il faut bien regarder les cotes des chevaux (pas sa cage thoracique, benêt !), plus elles sont basses, plus le cheval est favori. Ensuite, c'est le destin. Parfois on s'enrage de voir qu'un cheval arrive 4ème alors qu'on le voulait dans les trois premiers. C'est marrant de voir les émotions ressenties, qui sont vraies, parfois fortes. Mais attention, la folie du jeu peut facilement vous ruiner, il faut savoir etre raisonnable !
Papy turfiste, lui, il s'en fout de gagner. Souvent, il ramasse plein de blé, mais c'est pour le rejouer le lendemain. Après tout, il retrouve ses copains au PMU, tous les jours. Mamy, elle, elle est bien contente, elle l'a pas dans les pieds ! Alors elle sort son petit caniche et s'en va se promener...